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Pentecôte
(messe du jour)


Première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens
1 Co 12, 3…13

Frères, personne n’est capable de dire : « Jésus est Seigneur » sinon dans l’Esprit Saint. Les dons de la grâce sont variés, mais c’est le même Esprit. Les services sont variés, mais c’est le même Seigneur. Les activités sont variées, mais c’est le même Dieu qui agit en tout et en tous. À chacun est donnée la manifestation de l’Esprit en vue du bien commun.

Prenons une comparaison : le corps ne fait qu’un, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ. C’est dans un unique Esprit, en effet, que nous tous, Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés pour former un seul corps. Tous, nous avons été désaltérés par un unique Esprit.

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean
Jn 20, 19-23

C'était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine, les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. Jésus vint, et il était là au milieu d'eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit : « Recevez l'Esprit Saint. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. »

Nouvelle homélie : Vivre dans l’Esprit-Saint
Christine Fontaine

Le vrai miracle
Michel Jondot

Au Nom de Dieu !
Christine Fontaine


Vivre dans l’Esprit-Saint


De nombreux chefs !

« Depuis que je suis tout petit, j’ai toujours rêvé d’être le Président de la République. » La citation est devenue célèbre. Celui qui l’a prononcée est d’ailleurs parvenu à réaliser son rêve. Beaucoup d’autres, s’ils n’oseraient le dire aussi franchement, se rêvent depuis toujours en tant que chefs. Ils ne savent pas se penser vis-à-vis des autres autrement que dans un rapport hiérarchique. Leur univers se divise entre des inférieurs qui doivent se soumettre à eux et des supérieurs dont il convient de se faire remarquer pour se maintenir en place… dans l’espoir secret de pouvoir un jour occuper la leur. Ils ne se sentent libres qu’en étant des supérieurs. Ils aiment à être honorés. Ils apprécient ceux qui se laissent enseigner par eux… à condition que leurs subordonnés demeurent à leur place, c’est-à-dire n’atteignent jamais leur propre niveau de connaissance ou de compétence. Quand quelqu’un qui est sous leurs ordres a une bonne idée, ils se l’approprient. Ils oublient même totalement qu’elle ne venait pas d’eux. Ils honorent les puissants et méprisent les autres. Ils se pensent – consciemment ou non – en seigneurs et font des autres des sortes d’esclaves sans jamais, bien sûr, le reconnaître. Ceux qui ne joueraient pas leur jeu n’ont aucune place dans leur existence. Ils les ignorent complètement.

Un seul Seigneur

« Frères, personne n’est capable de dire : ‘Jésus est Seigneur’ sinon dans l’Esprit Saint. » Chez les chrétiens – du moins au temps de Saint Paul ou au jour de la Pentecôte – il y a aussi un Seigneur, mais c’est Jésus-Christ. Personne d’autre que Lui ne peut occuper cette place. Sans l’Esprit-Saint, sans la force même de Dieu, il nous est impossible de lutter contre la volonté de puissance qui régit les relations entre les hommes. Sans l’Esprit Saint, nous n’avons pas la force de lutter contre notre propre penchant à vouloir être des supérieurs. Dire ‘Jésus est le Seigneur’, le dire non pas comme une parole toute faite mais en Esprit et en vérité, c’est mettre toute notre énergie – celle de l’Esprit qui nous est donné – à ce que personne parmi nous ne joue au seigneur. « Frères, personne n’est capable de dire : ‘Jésus est Seigneur’ sinon dans l’Esprit Saint. » Dire ‘Jésus est Seigneur’ c’est reconnaître toute seigneurie à Dieu pour décider de vivre en frères. Dans le monde, on est d’autant plus libres qu’on est à la place des seigneurs ou des maîtres. Dans l’Église, la liberté consiste à considérer ceux qui sont au plus bas de la société – les esclaves dans l’empire romain – non comme des inférieurs mais comme des frères : « C’est dans un unique Esprit que nous tous (…) - esclaves ou homme libres - nous avons été baptisés pour former un seul corps. »

N’importe quel groupe humain se distingue des autres par quelque chose qui lui est propre : une particularité. On distingue ainsi par exemple l’association des pêcheurs à la ligne de celle des joueurs de foot. Les uns et les autres ont une passion commune. On distingue des partis politiques par une certaine idéologie : le libéralisme, le socialisme, le communisme, etc. On distingue – ou on devrait distinguer – le groupe des chrétiens par sa passion pour la fraternité au nom de Jésus-Christ qui est notre seul Seigneur.

Dans la société française où la fraternité est si souvent réduite à n’être qu’une devise, l’Église peut avoir toute sa place dans la mesure où elle est un lieu de fraternité. Il paraît qu’en Grande Bretagne, alors que les églises se vidaient, elles se sont remplies à l’époque de Madame Thatcher : les conditions de vie étaient devenues tellement difficiles – en particulier pour les pauvres - que les gens ont cherché quelque part un lieu de fraternité. Beaucoup aujourd’hui cherchent ce lieu. Le trouvent-ils dans l’Église ?

Une Église de frères

Que signifie « Vivre en frères » ?
Saint Paul l’enseigne aux Corinthiens quand il dit : « Les dons de la grâce sont variés, mais c’est le même esprit. Les services sont variés, mais c’est le même Seigneur. Les activités sont variées, mais c’est le même Dieu qui agit en tout et en tous. À chacun est donnée la manifestation de l’Esprit en vue du bien de tous. » Et il précise, dans un passage qui est omis ici : « À l’un est donné une parole de sagesse, à un autre une parole de science, à un autre la foi, à tel autre des dons de guérison, à tel autre le discernement des esprit… », etc.

Vivre dans la fraternité c’est reconnaître la singularité de chacun, ce qu’il a d’unique, ce pour quoi il est doué. Il y a parmi nous des personnes qui sont plus mystiques que d’autres et qui peuvent avoir une parole de sagesse. Certains ont une parole de science et sont doués pour enseigner. D’autres ont le don de guérison : à leur contact on se sent écoutés et respectés ; ils guérissent de la culpabilité ou de l’angoisse. D’autres encore sont particulièrement doués pour discerner dans quel esprit parle ou agit telle ou telle personne. « À chacun, écrit Saint Paul, est donnée la manifestation de l’Esprit en vue du bien de tous. » Vivre en frères consiste à reconnaître ce pour quoi chacun est doué et lui donner confiance en ses propres possibilités. C’est offrir à chacun la possibilité d’exercer ce pour quoi Dieu l’a doué.

Il existe un principe dans l’Église qui est celui de « subsidiarité ». Il date de Saint Thomas d’Aquin mais il a toujours été maintenu, au moins en théorie. Ce principe, dit aussi « principe d'aide », énonce que l'on commet une grave erreur (morale et chrétienne) lorsqu'on laisse faire par un niveau social ou ecclésial élevé ce qu'une personne d'un niveau plus bas peut faire. On le prive alors d'exercer ses propres capacités. L’Esprit de Pentecôte nous est donné pour que nous passions du principe de subsidiarité à la réalité.

Un monde fraternel

« La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie ! », dit Jésus. Il n’y a pas de paix durable possible dans un monde où chacun rêve depuis l’enfance d’être le président de sa petite république.

Pourtant c’est dans ce monde que Jésus envoie ses disciples. « Recevez l’Esprit Saint » leur dit-il. Il précise : « À qui vous remettrez ses péchés ils lui seront remis. À qui vous les maintiendrez, ils seront maintenus. » Vivre dans l’Esprit ne signifie pas qu'il faille maintenir les autres dans le péché ; mais il s'agit de témoigner que la volonté de puissance est bien un péché. Nous avons à lutter contre ce qui plonge l’humanité dans la rivalité, la jalousie, la guerre et au bout du compte dans la mort. Nous avons à maintenir, envers et contre tout, que d’autres relations entre humains sont possibles. On voudrait nous acculer à la résignation, Jésus - par la force de l'Esprit - nous pousse à résister !

Mais vivre dans l’Esprit c’est aussi « remettre les péchés », c’est-à-dire pardonner aux autres - et aussi à nous-mêmes - de céder parfois à la tentation d’écraser ceux que nous cotoyons. Vivre dans l’Esprit Saint c’est travailler avec tout homme de bonne volonté à susciter et ressusciter sans cesse un monde fraternel.

Christine Fontaine


Le vrai miracle


Un récit invraisemblable

Lorsque la Télévision montre un délinquant sortant d’un car de Police pour pénétrer dans un commissariat ou un établissement judiciaire quelconque, le réflexe du malheureux est de relever sa veste et de se cacher le visage : il ne peut supporter d’être reconnu ni courir le risque de croiser un visage familier. Il donnerait cher pour qu’on puisse dresser un mur entre les cameras qui le suivent et les spectateurs qui regardent la scène.

On comprend aisément ce désir d’échapper aux regards d’une société qui vous écarte parce que vous lui avez porté tort. On comprend aussi le réflexe des citoyens qui ne veulent plus vous reconnaître comme l’un des leurs : les voilà débarrassés d’un danger. Ceci nous aide à comprendre ce qu’a d’invraisemblable le récit de St Jean. Le fait que Jésus soit mort et qu’il apparaisse vivant aux yeux de ses amis n’est pas ce qu’il y a de plus extraordinaire dans la scène de l’Evangile. Le bruit de sa résurrection, aux termes de cette journée, est venu à leurs oreilles : son arrivée confirme les rumeurs. Après tout, dans le contexte de la Palestine de Jésus, une résurrection n’était pas véritablement exceptionnelle : rappelons-nous l’histoire de Lazare.

Le plus étrange est l’échange des regards. Jésus ne se manifeste pas dans la gloire, telle que le monde l’entend. Il ne fait pas allusion à une force venue d’en-haut qui expliquerait que Dieu est plus puissant que les autorités religieuses ou civiles. Il n’essaie pas de convaincre. Bien au contraire, il montre les traces de sa faiblesse : « ses mains et son côté ! ». Il se manifeste comme le dernier des derniers, un vulgaire condamné dont il ne fait pas bon prendre le parti : les apôtres avaient quelques raisons de se tenir à l’écart de de la société (« Ils avaient peur des Juifs »). Il y a bien un mur entre lui et ses amis mais le mur, cette fois, ne les protège plus. « Les portes étaient verrouillées », Jésus ignore l’obstacle : Il « vint et il était là au milieu d’eux ».

Ce qui arrive aux apôtres

En réalité, le miracle qui se produit à Jérusalem au soir de ce dimanche n’est pas ce qui arrive à Jésus mais ce qui arrive aux apôtres. « Les disciples furent remplis de joie en voyant... le Seigneur ». Seigneur ! La portée de ce mot est immense. Il sert, dans la bible traduite en grec à désigner IHVH, le Dieu Tout-Puissant, créateur du ciel et de la terre. Voir un homme, un vulgaire condamné, et dire de Lui qu’il est Seigneur, c’est scandaleux. « Notre Père qui es aux cieux » : Jésus leur avait appris à dire cette prière. Il leur avait dit aussi « Qui me voit, voit le Père ». Les apôtres deviennent capables de reconnaître, sous les traits d’un condamné et d’un supplicié, que Dieu est sous leurs yeux, dans leur maison. Entre le Père qui est aux cieux et Jésus qui le manifeste, le lien est indissoluble et Jésus l’appelle Esprit. Ce lien du Père au Fils englobe aussi les apôtres et, dans ce lien qui les embrasse ils découvrent la vérité du monde ; Dieu n’est pas au ciel sans être sur la terre, avec les hommes et d’abord avec les plus démunis et les plus méprisés d’entre eux. La Pâques et l’Esprit produisent le miracle : il fait de nous les convives de Dieu.

La foi délivre de la loi

Aux yeux de la société palestinienne, Jésus n’avait pas bonne presse en ce soir de Pâques. Avouons que les apôtres eux-mêmes, face à Jésus, auraient dû, eux aussi, faire piètre figure. Ils étaient devant lui pour la première fois depuis la triste débandade du Vendredi précédent, à l’heure de la Passion. Et pourtant, face à Jésus qui les rejoint, pas la moindre trace de culpabilité mais simplement la joie. Au milieu de la société des hommes qui ne se maintient que par les lois qui font des coupables, la foi qui permet de reconnaître « le Seigneur » délivre de la faute.

L’Esprit-Saint – et la fête de la Pentecôte revient chaque année pour nous le rappeler - voudrait libèrer le monde entier. L’Esprit dépasse la loi et, en même temps que l’Ecriture, il est jeté à profusion sur l’humanité entière. A ceux qui, à Jérusalem, en ce soir de Pâques, font l’expérience de la foi, il est demandé de faire entendre à tous les hommes que la Loi existe mais que la Loi à elle seule ne peut sauver l’humanité. Elle permet peut-être aux hommes de vivre ensemble mais elle ne peut maintenir personne dans la communion de Dieu. Rappelez-vous le discours de Jésus, au début de sa prédication : il suffit d’une parole de mauvaise humeur envoyée à la tête d’un voisin pour mériter les foudres de l’enfer. Non ce n’est pas la loi qui nous fera reconnaître Jésus à nos côtés. Elle fait des pécheurs et non des frères ou des convives de Dieu. L’Esprit qui ouvre les yeux et qui fait dire « Seigneur » nous arrache au péché et nous plonge dans la paix.

Diffuser la paix de Dieu

Venant au milieu d’eux, Jésus leur dit « La paix soit avec vous ». Avant de les quitter, il répète la formule et il leur dit : « Recevez l’Esprit-Saint. Tout homme à qui vous remettrez les péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. » L’Eglise s’est emparée de ces paroles pour en faire un sacrement mais cela ne doit pas nous faire oublier qu’elles sont le programme de tous ceux qui accueillent l’Esprit. Allons les uns vers les autres en oubliant les torts que nous pouvons avoir, en accordant le pardon, en diffusant au milieu d’un monde tourmenté la paix de Dieu.

A tort ou à raison, nos contemporains réclament une justice sévère susceptible de faire naître la sécurité dans les quartiers difficiles. Ne soyons pas dupes : aucune mesure de justice ne suffira pour faire naître la sérénité. Nous qui croyons, soyons artisans de la paix que donne l’Esprit à la suite de Jésus.

Michel Jondot


Au Nom de Dieu !


A la place de Jésus

C'était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine les disciples avaient verrouillé les portes... Jésus vint et il était là au milieu d'eux. Cinquante jours plus tard, les apôtres se trouvent réunis tous ensemble et, à la place de Jésus, l'Esprit vint dans la maison où ils se trouvaient.

Au jour de Pâques, les disciples sont remplis de joie à la vue du Seigneur.
Au jour de la Pentecôte, les disciples ne voient pas le Seigneur. Ils sont remplis de l'Esprit Saint.
Au jour de Pâques, Jésus souffle sur ses disciples et leur dit : «Recevez l'Esprit Saint».
Au jour de la Pentecôte, Jésus n'est plus visible, seul demeure son souffle qui remplit toute la maison.

Le corps de Jésus s'est effacé. En ce jour de Pentecôte, les apôtres vivent dans son Esprit. L'Esprit de Dieu les entoure, il repose sur eux, il les comble et les pousse à sortir de leur maison. Désormais, Jésus fait corps avec ses amis. L'Esprit de Dieu s'incarne chez Pierre, Jacques et Jean, Matthieu, Simon et Jude. Désormais, les apôtres vivent dans l'Esprit de Dieu à la place de Jésus.

C'était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient car ils avaient peur des juifs.
Cinquante jours plus tard, alors que les juifs se rassemblent en foule autour de leur maison, les apôtres n'ont plus peur. La force de Dieu a vaincu la peur en eux. La force de l'Esprit les pousse à parler et à agir à la place de Jésus, au Nom de Dieu.

Faire place à Dieu

C'est à des hommes, dans la pleine maturité de leur vie, qu'est donné l'Esprit Saint en ce jour de Pentecôte. Pierre, Jacques, Jean, Thomas, Matthieu ne sont pas des enfants. Ils ont toute une existence derrière eux. Pierre avant de connaître Jésus avait vécu une vie d'homme, avec ses joies et ses aridités. Il avait un métier, une famille, des amis ; toute une histoire avait forgé ce pêcheur. Pendant trois ans, Pierre et les autres ont vécu ce long compagnonnage avec Jésus ; ils ont traversé joies et épreuves avec lui. La Parole de Jésus les a labourés, ils ont été érodés, ils ont connu un dépouillement total à la mort du Seigneur.

De Pâques à Pentecôte, ils ont vécu, avec Jésus, dans l'éclairage de la résurrection : Jésus leur apparaît vivant et disparaît. Il est avec eux... il ne se montre plus... il paraît alors qu'on ne l'attend pas... puis il n'apparaît plus...

Il aura fallu toute cette vie d'homme, toute cette vie de croyant, pour qu'en ce jour de Pentecôte ils reçoivent l'Esprit de Dieu en plénitude. Il aura fallu qu'ils laissent la place vide à Dieu, qu'ils lui laissent la place libre, pour que l'Esprit s'incarne en eux. Depuis le jour où Jésus les a appelés, jusqu'à ce jour de Pentecôte, à longueur de temps, par Jésus, l'Esprit les travaillait. L'Esprit les épurait, repoussait les force de ténèbres et de mort qui les habitaient. La fulgurance de l'Esprit, en ce jour de Pentecôte, est l'aboutissement d'une longue histoire avec Jésus, en même temps qu'elle est le commencement d'une vie nouvelle. Il aura fallu de longues années d'apprentissage pour poser des actes d'Apôtres !

Toute place à Dieu

En ce jour de Pentecôte, dans la vie des Apôtres, toute place est faite à Dieu pour toujours. L'Esprit ne rencontre plus aucune résistance. Les apôtres sont poussés, sans que rien ne puisse les retenir, à parler et agir au nom de Jésus.

Ces hommes sont remplis par l'Esprit, ils sont pleins de Dieu seul. Dieu passe par eux et rejoint tous les hommes.
Parthes, Mèdes et Elamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce et tous les autres, tous les entendent proclamer dans leur langue les merveilles de Dieu. Les apôtres vivent à la place de Dieu, ils touchent chacun au plus intime de lui-même, ils touchent en chacun le lieu où Dieu demeure, ce lieu où l'homme et la femme quelle que soit leur origine humaine, se laissent déconcerter, émerveiller... ce lieu où Dieu vit, où la joie s'éveille, où la paix se fait entre les hommes.

En chacun Dieu demeure mais il n'y demeure pas seul. Il vit en nous, il passe entre nous mais d'autres soucis, d'autres préoccupations occupent la place et l'encombrent. Cependant, nous le croyons, en cette fête de Pentecôte la force de l'Esprit fait reculer les forces de ténèbres et de mort, émonde et épure le coeur des hommes. De Pentecôte en Pentecôte, d'année en année et de jour en jour Dieu repousse de nos vies ce qui lui fait obstacle, pour nous mener à ce « jour » où Dieu seul demeure, « jour » où règnent la paix, la bienveillance, l'émerveillement, où la Paix de Dieu passe par nous et s'éveille au coeur des hommes qui nous entourent. Dieu, par l'Esprit, nous conduit à vivre, à la place des apôtres, à la place de Jésus.

Christine Fontaine