Le texte a été adopté par 418 voix pour, 218 contre, et 30 abstentions, lors d’une séance plénière à Strasbourg. Bien que soutenu par le gouvernement français, ce texte a vu une partie des centristes, y compris dans le camp présidentiel, se désolidariser de la version finale. L’eurodéputée (Renaissance) Fabienne Keller a déclaré : « Renvoyer des familles avec enfants dans des hubs à l’autre bout du monde, sans garantie de respect des droits humains fondamentaux, c’est franchir une ligne rouge. »
Le directeur général de France terre d’asile, Vincent Beaugrand, dénonce : « Le règlement retour est d’une violence froide. Sous prétexte de faciliter les renvois par tous les moyens, ce texte transforme des mesures d’exception en politiques ordinaires et donne l’image d’une Europe qui, sans regarder son histoire ni ses fondements juridiques, fragilise un à un les droits des personnes exilées. »
Joseph Ziadé - membre de l’équipe animatrice de Dieu maintenant ainsi que de JRS France (Service Jésuite pour les Réfugiés) - nous fait part du message envoyé ce matin par Guillaume Rossignol, directeur de JRS France, aux membres du CA. Notre équipe s’associe à cette déclaration.
« Mal nommer les choses, c’est ajouter aux malheurs du monde » A. Camus (1944).
Des élus européens qui scandent « renvoyez-les ! », « renvoyez-les ! » (send them back) debout dans l’hémicycle, qui applaudissent, qui se réjouissent.
Ils ont conscience de ce qu’ils applaudissent, de ce dont ils se réjouissent, ils viennent de le voter : le choix du déplacement forcé d’hommes, de femmes et d’enfants dans des camps de rétentions, situés dans des pays sans aucun lien avec le pays d’origine des personnes ainsi renvoyées.
On peine à nommer ce à quoi ils applaudissent et qu’ils appellent de leurs vœux pour leurs semblables : un bannissement ? une déportation ? On n’ose…
Mais on peut plus facilement nommer une telle attitude : Indignité ! Indignité !
C’est la submersion ...de tous repères éthiques et humanistes.
Heureusement, un autre choix est possible, une autre voie.
Qui ne croit pas que la réponse à l’impuissance soit toujours bonne et juste, simplement parce qu’elle permettrait d’en sortir.
Une voie qui ne prétend pas tout résoudre, mais qui s'efforce de conserver un peu de dignité, pour « nous tous ».
Guillaume Rossignol, 18 juin 2026
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