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Christine Fontaine, 19/01/2015

Ton article, Michel, est vraiment remarquable. Je suis d'accord avec toi à 100%. Je voudrais simplement ajouter une précision et une remarque.

La précision : je crois que ce ne sont pas les familles des victimes juives qui ont demandé, au départ, des obsèques en Israël. Elles y ont consenti, certes, mais sur la proposition du gouvernement israélien et tout frais payés par lui. Peut-être n'est-ce pas insignifiant...

La remarque complémentaire : sur le respect de la foi de l'autre. Un ami musulman nous a fait savoir qu'une enseignante, sous couvert d'apprendre la laïcité à ses élèves, leur avait ordonné de faire un dessin de leur Prophète. Les musulmans ont tenté de dire que c'était pour eux interdit. Elle n'a pas cédé. Une gamine a tenté d'échapper en disant qu'elle avait dessiné un bonhomme mais que ce n'était pas pour elle le Prophète.

Mon ami me dit qu'on cherche ainsi à humilier les musulmans. Malheureusement (si on peut dire !), je ne le pense pas. Cette enseignante cherchait sûrement à éduquer ses élèves. Mais l'éducation sans l'écoute de l'autre risque bien de renforcer la marginalisation et les ghettos. On n'ouvre personne si on ne tente pas de le rejoindre d'abord là où il est, que celui à qui on s'adresse ait tort ou raison.

Michel Jondot, 19/01/2015

Merci Michel, pour ces très pertinentes mises au point auxquelles j'adhère entièrement.
A une exception près.
Ce rassemblement n'était pas unanime. A part le très institutionnel Recteur de la Grande Mosquée et le trop fameux imam de Bobigny, les Français de religion musulmane n'étaient guère présents que sur les pancartes de militants généreux. J'ai regardé la marche tout l'après-midi et je n'ai vu aucune femme musulmane coiffée d'un voile fût-il non ostentatoire.

Michel Poirier, 19/01/2015

Pourquoi cette absence de très nombreux musulmans ? Parce qu'ils sont persuadés que toutes les caricatures de Charlie Hebdo sont hostiles au Prophète. Mon texte que tu approuves démontre le contraire dans le cas des deux caricatures les plus médiatisées. Alors il faut leur faire lire ce texte ! Personnellement, je suis prêt à dire à ceux qui prétendent que ces deux caricatures insultent le Prophète que ou bien ils ne savent pas lire une image (il est vrai qu'on ne le leur a guère appris dans l'Éducation nationale !) ou bien ils ne les ont pas vraiment regardées, ou sinon ils seraient de mauvaise foi.

Michel Jondot, 19/01/2015

Les femmes des cités ne sont pas capables de lire ton texte et encore moins d'en faire l’exégèse. Toujours est-il que pour la première fois de ma vie, je vois ces femmes de La Caravelle qui sont pour Christine et moi, de véritables amies, sont terrorisées, sous prétexte que beaucoup d'entre elles sont voilés. Désormais elles ferment leur local à clef: elles sont persuadées qu'on peut venir les trucider parce qu'elles sont musulmanes. La réalité française est moins irénique qu'on ne le pense. On ne donne guère la parole qu'aux musulmans qui rassurent la société. Les pauvres n'ont pas droit à la parole.

Robert H., 23/11/2015

L’article de Poirier est effectivement objectif et bien construit, je l’en remercie.
Il ne s’agit pas de dire que telle religion ou civilisation est meilleure qu’une autre. Il s’agit de pointer du doigt ce qui nous semble, nous autres chrétiens, ne pas aller chez les musulmans, pour comprendre qu’il y a un énorme fossé qui nous sépare. Nous essayons de le combler par des concepts, sans y arriver.

L’Islam n’est pas construit sur un rapport à l’intellect qui permet de faire évoluer les idées en se confrontant à l’autre, mais sur un rapport à l’émotion. Elle ne trouve sa résolution que dans la soumission à la parole reçue, par Mohamed (psl), de Dieu. Ce que je perçois de mon unique expérience - vous voyez que je reste extrêmement prudent - des musulmans que je connais, est qu’ils n’ont pas de parole individuelle. Celle-ci est source d’une telle angoisse, consciente et inconsciente, qu’elle ne peut être refoulée en dehors de la soumission à l’ordre de la collectivité. Deux mondes ne peuvent pas se comprendre en utilisant des voies de communication différentes, bien qu’ils emploient les mêmes mots.

Pour qu’un système puisse se pérenniser dans la paix, il doit se confronter à l’autre, je veux dire au vraiment autre ; cet autre qui amène une organisation à l’extrême opposé de celle qu’elle croit être, pour lui faire voir son appartenance. C’est alors seulement qu’elle peut dépasser ces deux contraires pour les sublimer dans ce qui devient automatiquement respect et amour d’autrui.
En application, pour équilibrer son homéostasie, un système vivant doit avoir une entrée et une sortie, ce qui n’est pas le cas de l’Islam. Les musulmans n’ont pas le droit de renier leur foi, de changer de religion ni même de ne pas en avoir une ! Ils n’ont pas le droit de critiquer leur prophète, même s’ils ne sont pas d’accord avec lui. En arriver là, fait des concepts, des idoles, celles mêmes que l’Islam a combattu.
Le musulman est comme les autres : il a peur des mots. Et un homme qui a peur des mots ne vaut rien d’autre que le prix de sa violence. Cela vaut pour chacun de nous.

Quand on nivelle les idées, planifie les concepts, unifie les comportements, refuse le relatif ; on se prive d’un mouvement qui permet le renouvellement et la croissance. On créer alors sa propre violence à l’intérieur de son groupe. D’une manière plus large, c’est ce qui se passe dans notre propre monde, construit sur la seule et unique référence fondamentale de la science et de l’économie, c’est-à-dire de la matière.
Je suis un chrétien d’Orient, je connais un peu les musulmans. En tant qu’Oriental, dans ma manière de penser, dans beaucoup de domaines, je suis plus proche d’eux que des chrétiens d’Occident. Cela n’aveugle pas mon discernement ni ne m’empêche d’aimer mes frères musulmans comme ils sont.

En attendant, n’oubliez pas que l’immense majorité d’entre eux fait partie de cette majorité silencieuse qui ne désire rien d’autre que de vivre sa foi en paix et respectant celle des autres. Cette majorité ne sera jamais citée dans les médias, elle ne touchera jamais les auditeurs et lecteurs qui se gavent d’informations destructrices dont ceux-là portent, par leur intérêt mortifère, la responsabilité de la diffusion de celles-ci. Enfin, j’entends dire partout les mots unité, réunion, rassemblement ; alors s’il vous plaît, allez jusqu’au bout de vos idées : ne priez pas pour les victimes des attentats, priez pour tous les morts, sans en oubliez aucun. Que vous divisiez ou unifiez, de Sa lumière qui n’a ni ombre ni temps ni endroit, Dieu vous entend.